Brief vom 25. Oktober 1751, von Borcke, S. v. an Sulzer, J. G.

Datum: 25. Oktober 1751

Monsieur!

Jai été extremement mortifié d'apprendre par la lettre que vous avés eu la bonté de m'ecrire que mon aimable femme a été si fort malade croyés que cette triste nouvelle ma touché autant quil se puisse je donnerai certainement la meilleure partie de ma santé pour pouvoir lui rendre la sienne car j'i prens la part la plus sensible, Dieu merci qu'elle ce soit un peu retablie j'espere qu'elle se porte beaucoup mieux apresent et je le souhaite de tous mon coeur je suis infiniment obligée a mon aimable femme d'avoir bien voulu se souvenir de moi j'avois une extreme envie de lui écrire mais j'ai eu peur de l'incomoder ainssi je vous prie monsieur de lui dire de ma part tous ce que vous croyrez convenir a la tendre amitié que j'ai pour elle vous ne lui dirés certainement rien de trop et qui surpasse les sentimens que j'ai pour elle.

Je vous dois bien des remerciemens monsieur pour la bonté que vous aves eu de m'envoyer le dictionnaire de veneroni Et je vous rends grace en même tems des soins que vous avés pris a l'occasion des portraits du Roi mon pere a changé de resolution a pres la description que vous me faite de ceux qu'on peut avoir pour cinq cens et ne souhaite pas d'en avoir je ne sai monsieur si je ne me suis pas bien expliquée dans ma derniere lettre a ma chere femme ce n'est pas la bigarurre mais l'abeille du parnasse que je la priai de m'envoyer qu'oique j'aye changé d'avis apresent, j'aurois eu plutot l'honneur de vous repondre si une maladie ne m'en avois empechée j'ai même ête forcée par de violent serremens de coeur de me faire saigner mais apresent je suis parfaitement retablie et je souhaite avec ardeur que j'aprenne bientot les même nouvelle de ma chere femme je ne saurai mieux finir que par ces souhaits qui assurement ne sauroit être plus sincere.

Ma chere mere et ma soeur vous font leurs compliment et vous prie de ne pas les oublier et d'assurer de leur part ma chere femme quil font beaucoup de voeux pour son retablissement c'est dequoi je vous prie de vous charger aussi pour moi me disant avec une estime infinie Monsieur

Votre tres humble servante
SBorcke

Magdebourg ce 25 d'octobre 1751

Bearbeitung

Transkription: Baptiste Baumann
Kommentar: Baptiste Baumann

Überlieferung

H: ULB Bonn, Sign. Autogr.

Eigenhändige Korrekturen

vous avés eu la bonté
vous ⟩avés⟨ eu la bonté
ce n'est pas la bigarurre
ce n'est ⟩pas⟨ la bigarurre
de me faire saigner
de me ⟩faire⟨ saigner

Stellenkommentar

le dictionnaire de veneroni
Das französisch-italienische Wörterbuch des Grammatikers Giovanni Veneroni (1642–1708), das erstmals 1681 veröffentlicht wurde, erschien bis 1800 in mehreren erneuerten und vermehrten Ausgaben.
ce n'est pas la bigarurre
Anonym, La Bigarure, ou Gazette galante, historique, litteraire, critique, morale, satirique, sérieuse et badine, 1750–1751.
l'abeille du parnasse
Die in Berlin gedruckte literarische Zeitschrift L'Abeille du Parnasse, 1750–1754, hatte vermutlich Jean Henri Samuel Formey zum Herausgeber. Sie war als Textsammlung aus verschiedenen literarischen Gattungen angelegt.